Alors tu allume ton PC, puisque tu n'as rien de mieux à faire, parce que tu ne sais pas quoi faire, parce que c'est comme ça. Tu regarde tes e-mails, supprime les dix spams & lis le seul message dont tu connais l'expéditeur. Mais ce n'est qu'une chaine envoyée par une personne naïve, alors tu la supprime. Tu te connecte sur msn, tu discutes de choses sans intérêt avec des personnes que tu connais peu, tu prévois une sortie, mais personne n'est disponible. Tant pis, ce soir, comme tous les autres soirs, tu resteras seul. Tout seul. Tu allume une cigarette, après tout, il faut bien mourir de quelque chose, il faut bien mourir un jour. Alors autant prendre du plaisir tout en sachant que cette fumée nous détruira. En fait, tu t'en fous, c'est pas grave après tout. Le silence t'exaspère, alors tu écoute U-Turn, la seule chanson indémodable, la seule qui te fasse pleurer à tout les coups. & puis tu sombres, dans ta solitude, tu repense à tout, à rien, à eux, à elle, à lui, aux moments de pseudo bonheur, aux sourires qu'on a su t'arracher, mais que tu ne sais plus aussi bien faire qu'avant. On t'a détruit, le monde t'a détruit. & puis les gens, les gens aussi, les gens surtout, ceux pour qui tu aurais tout donné, ceux qui au final t'ont laissé tomber. Mais tu préfère ne plus penser au passé, à quoi bon de toute façon, il ne reviendra pas. Tu en a marre de ce coeur qui ne bat plus, celui que tu avais confié, celui quu l'i'on a démoli, celui qu'on a broyé, écrasé, déchiré, recollé, refait tombé. Celui qui n'est plus capable de ressentir cette flamme à l'égard des autres humains, celui que tu essaye de mettre tant bien que mal en réparation, dans les bras du ou de la première venue. Mais rien à faire, ça ne marche pas. Tu n'as plus le coeur qui bat, plus cette petite étincelle dans tes yeux quand tu le ou la vois, plus cette pression dans les veines, plus ce courage poignant, plus rien, plus de coeur. L'amour à foutu le camp, tu as beau le chercher, partout, en n'importe qui, il n'existe plus. Alors tu rêve, tu rêve de cette personne. Tu l'imagine venir à ta porte, sonner, demander poliment & avec la plus grande galanterie à tes parents si elle peut te voir. Tu l'imagine s'approcher de toi, la tête basse, confuse, pleine de sentiments, pleine de peurs aussi, te prendre la main & plonger son regard dans le tien. Tu imagine ton coeur s'emballer, tes yeux briller, ton sourire se réanimer. Tu l'imagine passer sa main sur ton cou, te disant que tu es très jolie même si tu refuse de le croire. Tu l'imagine te demander la permission de t'embrasser, & dire oui, forcément. Tu l'imagine venir à la sortie du lycée, sous la pluie, te tendre un parapluie pour t'abriter même si tu es déjà trempé, te poser sa veste sur les épaules & passer son bras autour de tes hanches en se collant à toi. Tu l'imagine te dire des mots gentils, des mots pourtant simple, mais des mots qui réconforte. Tu l'imagine s'endormir à tes côté, & pour une fois, elle est encore là à ton réveil, elle te regarde en souriant, & te dit tout naturellement qu'elle t'aime. Tu rêve de cette personne, cet homme croisé plusieurs fois dans la rue, comme par hasard, cette femme qui te regardais alors que tu buvais tranquillement ta bière au bar du coin. Mais tu devrait arrêter de rêver. Ta vie n'est pas une comédie romantique, loin de là. Tu en es pourtant bien conscient, mais tu veux toujours y croire, te dire qu'un jour, tu trouveras la bonne personne. Peut-être que ça viendra, ou peut-être pas. En attendant tu dis des mots d'amour à une personne que tu n'aime pas vraiment, une personne qui n'illumine pas ta vie. Pourtant tu es bien avec elle, parce qu'au moins tu te sens exister, tu te sens important aux yeux de quelqu'un. Même si ça ne vaut rien. Tu rallume une cigarette, encore une autre, & une autre. Tu écoute cette musique, en boucle, encore une fois, toujours. & tu pleures aussi, tu pleures même beaucoup. Tu te dis que ta vie ne vaut rien, mais au fond, tu n'es plus très sur de croire le dicton qui dit que la vie ne vaut rien mais que rien ne vaut la vie. Tu ne sais pas, tu ne sais plus, tu n'as peut-être jamais su en fait. Tu désespère de trouver un jour la bonne personne. Tu éteints ta cigarette, tu éteints ton téléphone, tu éteints ton PC, tu éteints tes yeux, mais tu n'éteins jamais tes rêves.